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LEONARD
et l'Asie
Il entreprend alors son premier voyage au Japon, son second pays, sa
seconde culture : il existe en effet entre LEONARD et le pays du Soleil
Levant une véritable histoire d'amour, qui s'affirme dans le
succès étonnant que connaissent les créations de
Daniel Tribouillard. Il existe une sorte d'identité visuelle
entre LEONARD et les japonais, l'orchidée, les fleurs de mer
symétriques, les " étreintes végétales
qui s'étirent en une géométrie stylisée
", les compositions faussement symétriques, le recours à
la perspective des estampes japonaises, qui a tant fasciné les
peintres de la seconde moitié du 19e siècle et qui fait
encore le succès des impressionnistes auprès du public
japonais. Aux formes s'ajoutent les couleurs dans la recherche d'un
équilibre parfait, joyeux, mystérieux et fascinant. L'estime
est réciproque : outre les 106 boutiques LEONARD au Japon, Daniel
Tribouillard est le seul occidental en 2642 ans d'histoire, à
avoir eu le droit précieux de pénétrer le secret
de la fabrication des kimonos japonais traditionnels, quand en 1983,
le Japon lui demande de concevoir une ligne de kimono LEONARD.
Daniel Tribouillard se plonge alors dans l'étude de la symbolique
florale japonaise et présente en 1984 la première collection
de kimonos. Le succès est au rendez-vous, la presse est unanimement
séduite et la culture japonaise s'enrichit d'une touche occidentale.
photo : Kimono pantalon, dessin Ikebana, Printemps-Eté
1992. Maille interlock imprimée, soie. (© Musée des
Tissus, Tous droits réservés)
LEONARD
et le total look
Le total look qui résulte de la déclinaison multiple de
l'art de LEONARD.
Les coloris changent, comme le traitement du motif imprimé qui
est parfois relevé de broderies. Mais, le point de départ
demeure le dessin.
photo : Daniel Tribouillard présente la série
Rubis (© Léonard. Tous droits réservés)
LEONARD
et les fleurs
L'univers de Daniel Tribouillard est donc un jardin de rêve,
peuplé de fleurs orientales, d'orchidées, sa fleur fétiche,
véritable identité de la griffe LEONARD depuis sa création.
La femme LEONARD est une femme fleur qui, habillée de pétales
ou de bouquets épanouis, renaît chaque année dans
l'imagination du peintre Tribouillard. Car il travaille comme un artiste,
juxtaposant et mélangeant les couleurs, se nourrissant des valeurs
et des théories de Chevreul, réinventant les lumières
dans des lignes épurées. Daniel Tribouillard se passionne
pour les fleurs, mais il est aussi sensible à l'Op'Art, à
la rigueur du noir et blanc, au graphisme des dessins mexicains et coptes,
aux motifs fauves.
photo : Robe courte bustier, dessin Gardenia,
Printemps-Eté 1986. Taffetas imprimé, soie. Application
de taffetas imprimé découpé en pétales,
soie. (©
Musée des Tissus. Tous droits réservés).
LEONARD
et les fauves
Le dessin fauve constitue un autre leitmotiv de l'histoire de LEONARD,
un dessin récurrent et un véritable signe de reconnaissance
et d'identification pour la griffe. Du petit pull panthère fully-fashioned,
à la robe fourreau panthère en impression bleue sur fond
noir, les lignes Fauve de LEONARD sont à la fois diverses et
originales.
photo : Cravate impression fauve (© Musée
des Tissus. Tous droits réservés).
Singularités
de LEONARD, travailler comme un artiste
Daniel
Tribouillard n'est pas un couturier qui dessine des robes, mais un artiste
dont les uvres deviennent des robes. Ses dessins sont pensés
indépendamment des robes et imprimés sur des tissus de
soie, qui vont devenir vêtements.
La femme qui porte une robe LEONARD port donc une "peinture sur
soie" unique, puisque résultant d'un dessin exclusif.
Daniel
Tribouillard utilise et optimise les techniques traditionnelles d'impression
à la lyonnaise pour renouveler ses créations et rechercher
de nouveaux effets autant visuels que de matières.
Des techniques au service de
la mode
Les tissus qu'utilise LEONARD pour ses créations sont imprimés
selon la technique de l'impression au cadre à la lyonnaise. Deux
étapes essentielles sont nécessaires à sa mise
en uvre : la gravure et l'impression.
Le
procédé de la gravure : la mise en gravure, la réalisation
des clichés, la mise en uvre des cadres. On procède
ensuite au transfert du motif du cliché sur la gaze. Il s'agit
de l'insolation. Puis on imprime le dessin sur un papier buvard appelé,
empreinte. Les cadres sont livrés à l'imprimeur.
Le processus d'impression : la mise sur table du tissu à imprimer
collé sur les lisières, le passage des cadres, séchage,
finition et lavage.
En
1964, dépôt du brevet de l'impression fully-fashioned :
il s'agit d'imprimer en forme et au mètre des pulls tricotés.
A partir des années 1970, Daniel Tribouillard imprime du jersey
de soie selon la technique dite du "coupé-cousu" :
l'impression se réalise toujours sous la forme de panneaux, en
tissu continu. En 1976, Daniel Tribouillard met au point le silkover
fully-fashioned, un mariage simple entre le pull-over et le carré
de soie. Enfin, en 1991, le brevet de la cravate réversible est
déposé.
Histoire de l'impression sur étoffe
dans la région Rhône-Alpes
A la fin du 18e siècle, l'impression sur étoffes
se développe dans la région Rhône Alpes. Cette
industrie se localise surtout autour de Lyon dès le début
du 19e siècle. Les rapports des Expositions des Produits de
l'Industrie nationale, puis ceux des Expositions universelles rendent
compte des talents des imprimeurs lyonnais, comme Sandoz ou Jandin-Duval,
surtout pour la réalisation de foulards. Ils ont alors d'une
grande renommée dont bénéficient encore aujourd'hui
plusieurs entreprises qui travaillent pour LEONARD tels que les Ateliers
A. S., P. R. B. et Viannay à Villeurbanne ou Cédric
Brochier Soieries.
L'autre
grande région de l'impression est le Nord-Isère où
on pratique l'impression sur étoffe depuis le milieu des années
1840 . A partir du milieu du 19e siècle, des sociétés
se constituent à Bourgoin-Jallieu, mais le siège social
reste à Lyon, comme les établissements Dolbeau qui généralisent
l'impression au cadre plat dès 1928. Dans les années
qui suivent la seconde guerre mondiale, les soyeux lyonnais commercialisent
les tissus Haute-Nouveauté ; LEONARD est le premier, dès
les années 1960 à collaborer avec les Gandit, Grand
Lemps (SIEGL), Dobleau, Brunet-Lecomte et autre Mermoz.
photo : Dessin Nymphéa, Printemps-Eté
1993. (© Musée des Tissus. Tous droits réservés)
LEONARD
d'hier et d'aujourd'hui : permanence et changements
Le style LEONARD est unique et singulier. Il est parfaitement identifiable
grâce à un certain nombre de motifs récurrents dans
l'art de la griffe. Les motifs géométriques inspirés
à la fois par l'art copte et par l'art aztèque à
la symétrie et à la géométrie rigoureuses
en constituent un exemple significatif.
photo : Détail
de la robe courte Aloès, dessin Mandchou, Automne-Hiver 1997-1998.
(© Musée des Tissus. Tous droits réservés).
Daniel
Tribouillard, la réussite d'un entrepreneur
En 1954, Daniel Tribouillard intègre la Société
Jacques LEONARD.
En 1958, Daniel Tribouillard est nommé Directeur Général
et Directeur Artistique de LEONARD FASHION. Invention du fully fashioned
et succès des pulls imprimés fully fashioned.
Au début des années 1970, Daniel Tribouillard imprime
du jersey de soie (maille interlock), succès mondial. Premières
collections.
En 1987, Daniel Tribouillard devient Président Directeur Général
de LEONARD et relance l'entreprise avec l'aide de l'Italien Ratti.
En 1992, Ligne pour hommes, présentation des collections à
Shanghaï.
En 1994, LEONARD entre à la Fédération française
de la couture, du prêt-à-porter et des créateurs
de mode et il organise son premier défilé au Carrousel
du Louvre.
En 1996, il rencontre Johnny Hallyday pour lequel il dessine les costumes
de scène et en 1998, il se lance à la conquête de
l'est de l'Europe.
En 2001, il est fait Officier de la Légion d'Honneur et Chevalier
dans l'Ordre des Palmes Académiques tandis qu'il avait reçu
l'Ordre national du Mérite et l'Ordre des Arts et Lettres en
1989.
En 2005, Ouverture dernière boutique à Ginza, à
Tokyo.
photo : Daniel Tribouillard, Président Directeur
Général de LEONARD (© Léonard. Tous droits
réservés).
Cette
exposition se veut ambitieuse et diversifiée : 131 vêtements
féminins, 10 vêtements homme, 15 dessins, 27 panneaux d'impression,
4 tableaux, des dizaines d'accessoires et art de la table, des parfums,
soit en tout plus de 300 objets.
La
scénographie se veut théâtrale ; elle est confiée
à Michel Albertini pour TERG (Les trésors de la Fondation
Napoléon au musée Jacquemart-André, Napoléon
à l'Arc de triomphe
). Les sens seront sollicités :
la vue, le toucher (textiles utilisés par Léonard à
disposition des doigts des publics), l'ouïe (musique, défilés),
l'odorat (parfums Léonard).
photo : La Joconde en Léonard (© Léonard.
Tous droits réservés).
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